mardi 31 juillet 2007

Euskadi ta Askatasuna.

Trois membres présumés de l'ETA mis en examen à Paris et écroués.

Trois membres présumés de l'ETA interpellés la semaine dernière, dont un homme présenté comme le chef de l'appareil logistique de l'organisation séparatiste basque espagnole, ont été mis en examen lundi soir par un juge antiterroriste parisien et placés en détention provisoire.

Ils sont notamment poursuivis pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, détention et fabrication d'engins explosifs, recel de vol en bande organisée, détention de faux documents administratifs", selon une source judiciaire.

Jeudi matin, à Rodez (Aveyron), les policiers ont arrêté Iker Iparraguirre Galarraga et Galder Bihotz Cornago Arnaez qui faisaient l'objet d'une surveillance. Dans leur appartement, ils ont également interpellé Juan Cruz Maiza Artola, un "gros poisson" de l'ETA, selon Madrid.

Ce dernier, âgé de 57 ans est en effet présenté comme le chef de l'appareil logistique. Il est soupçonné, selon l'agence espagnole Vasco Press, d'avoir fait partie du "commando Vizcaya" dans les années 80, responsable d'au moins six assassinats. Il aurait été en charge des caches d'armes et d'explosifs de l'organisation qui a tué plus de 800 personnes en près de 40 ans de violences.

Dans l'appartement occupé par les trois etarras et dans un véhicule, les enquêteurs ont découvert des "matériels pouvant servir" à des engins explosifs. Il s'agit, notamment, de "systèmes électroniques pouvant être utilisés pour la mise à feu", selon une source proche du dossier.

Cette triple arrestation fait suite à celle inopinée, la veille à Lannemezan (Hautes-Pyrénées), d'un autre etarra.

Son "comportement bizarre" avait été signalé par un passant à une patrouille de police municipale, alors qu'il venait de regarder avec insistance à l'intérieur de plusieurs véhicules stationnés à proximité, selon une source policière.

Se déclarant membre de l'ETA, Pablo Aperribai, 37 ans, a été placé en garde à vue et transféré à Paris. Selon le ministère espagnol de l'Intérieur, M. Aperribai était en fuite depuis 2005. Il est visé par un mandat d'arrêt européen émis par Madrid.

François Fillon, en visite dans la capitale espagnole vendredi, a estimé, à la suite de ces quatre interpellations, que l'infrastructure de l'organisation indépendantiste était "considérablement réduite sur le territoire français".

Depuis qu'elle a annoncé, le 5 juin, qu'elle rompait la trêve observée depuis mars 2006, l'ETA a subi plusieurs revers, dont la saisie de 300 kilos d'explosifs et l'arrestation de 18 des siens, dont 14 en France.

Elle s'est toutefois manifestée mercredi en faisant exploser deux petites bombes le long du parcours du Tour de France, qui faisait une incursion en Navarre (Nord).

En place depuis plus de vingt ans, la coopération franco-espagnole dans la lutte contre l'ETA a pris une nouvelle tournure en 2002, avec la rencontre deux fois par an, alternativement à Paris et à Madrid, des directeurs généraux des deux polices nationales. La prochaine aura lieu le 16 octobre en Espagne.

Des officiers de liaison espagnols sont en place au sein de la police judiciaire française, tandis que leurs homologues parisiens sont, eux, en poste à Madrid.

Mardi, Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur, rencontre à Paris son homologue espagnol, Alfredo Perez-Rubalcaba, avec lequel elle doit tenir une conférence de presse.

Source : AFP (31 Juillet 2007).


Un peu d'histoire.

ETA (sigle de Euskadi Ta Askatasuna, Pays basque et liberté en basque) est une organisation indépendantiste de rhétorique marxiste (révolutionnaire) considérée comme terroriste par les États espagnol et francais, ainsi que par l'Union européenne.

Sa création remonte au 31 juillet 1959. Si le nom est resté inchangé, le contenu de l'organisation a vite évolué. Créée par des jeunes nationalistes, ETA est rejointe à partir des années 60, par une mouvance révolutionnaire. Elle jouit à ses débuts d'une grande popularité, non seulement au Pays basque, mais aussi dans le reste de l'Espagne pour son opposition frontale au régime dictatorial du général Franco.

En 1962 a lieu sa première assemblée, dans laquelle elle est définie comme une « organisation clandestine révolutionnaire ». En 1965 commencent les attaques à main armée et l'encaissement de l'impôt révolutionnaire (extorsion de fonds auprès des Basques). Le 7 juin 1968, le policier José Pardines Arcay est abattu. L'auteur, Txabi Etxebarrieta, est abattu par la police. Le 2 août, en représailles, le commissaire Melitón Manzanas, un tortionnaire notoire, est abattu par ETA.
L'attentat qui tua en 1973 Luis Carrero Blanco, chef du gouvernement et successeur probable du dictateur Franco, eut un rôle dans la fin du régime franquiste.

À partir de 1974, l'accroissement des attentats de plus en plus indiscriminés aboutit à la scission d'ETA en deux branches, l'une dite « ETA militaire » composée en grande partie d'exilés vivant au Pays basque français qui privilégient l'action militaire et l'autre, « ETA politico-militaire », composée principalement de militants vivant au Pays basque espagnol et qui donnent de l'importance aux actions politiques, sans renoncer au terrorisme.

En 1976 les « poli-milis » privilégient la voie politique, subordonnant la voie militaire à celle-ci, et participent à la création de la coalition nationaliste de gauche Euskadiko Ezkerra (« gauche basque »).

En 1977 les commandos spéciaux (bereziak) de ETA « politico-militaire » rejoignent ETA « militaire ».

En 1982 des pourparlers ont lieu entre le gouvernement central espagnol et la coalition Euskadiko Ezkerra pour mettre fin aux violences ; une amnistie pour les membres d'ETA poursuivis ou incarcérés est accordée en contrepartie de l'arrêt des activités terroristes. ETA « politico-militaire » s'auto-dissout cette même année, ses militants abandonnant l'usage de la violence pour atteindre leurs objectifs.

Cependant, ETA « militaire » (qui est désormais désignée simplement par « ETA », ETA « politico-militaire » s'étant dissoute) considéra comme traîtres ceux qui acceptaient de mettre fin à la lutte armée, et fit assassiner des membres d'ETA en exil qui rentraient au pays sous couvert de l'amnistie.

En 1997, ETA commença à cibler des élus basques, des intellectuels basques ou des policiers basques considérés comme « traîtres ». Le point de départ de cette politique est l'assassinat d'un élu du Parti populaire, Miguel Angel Blanco.

Le sentiment de voir l'action de ETA dégénérer en guerre civile, ainsi que la lassitude de la population devant la violence, ont érodé le support populaire à ETA.
En septembre 1998, ETA décida d'une trêve unilatérale. Devant l'échec des négociations avec le gouvernement espagnol, ETA rompit la trêve en novembre 1999. Les attentats recommencèrent.

A partir de 2002 le gouvernement central espagnol de José María Aznar poursuit une série d'actions contre les organisations politiques et culturelles basques supposées proches de ETA (interdiction de partis politiques, d'associations, fermeture de journaux et de radios en langue basque), ce qui insuffle une nouvelle vitalité à ETA. ETA peut désormais donner à constater que le règlement politique du conflit est improbable, le gouvernement central espagnol ne la permettant pas.

Les coups policiers portés à l'organisation par la police espagnole et la police française (la France servant souvent de base arrière aux commandos de ETA et à ses dirigeants) déstabilisent régulièrement l'organisation mais le sentiment d'acharnement contre la culture basque alimente par ailleurs une guérilla urbaine (kale borroka) dans laquelle de jeunes radicaux font leurs premières armes.

Répression policière, étouffement des organisations satellites de la gauche basque patriote, ETA traverse après 2002 une crise profonde et ses capacités à commettre des attentats apparaissent de plus en plus faibles. Le nombre des attentats est en baisse et il n'y a aucun attentat mortel entre mai 2003 et décembre 2005. Cela n'empeche pourtant pas le gouvernement de José Maria Aznar, lors des attentats du 11 mars 2004, d'accuser à tort l'organisation ETA.

En 2005, le nouveau gouvernement espagnol de José Luis Rodríguez Zapatero fait voter un texte acceptant le principe de négociations limitées (ne portant pas sur l'indépendance du Pays basque) en échange d'un abandon de la violence.

ETA déclare une trêve en mars 2006 et dénoncera dans un communiqué ultérieur l'absence d'avancée significative de la part des gouvernements des états espagnol et français, reprochant notamment que le rapprochement des prisonniers politique basque ne soit pas ébauché (l'argument retenu par l'organisation est que l'éloignement des prisonniers politiques basques à plus de 500 km de leur terre d'origine est systématiquement appliqué, induisant des dépenses élevées et des accidents de la route parfois mortels chez les familles lors des visites).

En l'absence de tout progrès, ETA après avoir prévenu les autorités espagnoles, commet un nouvel attentat le 30 décembre 2006 dans l'aéroport madrilène de Barajas. Suite à cet attentat, le gouvernement espagnol de José Luis Zapatero annonce la rupture des négociations et charge l'organisation de l'entière responsabilité de cette rupture.ETA a été celle qui a rompu, liquidé, terminé le processus de paix. Cependant, quelques temps après ce dernier attentat, il semble que les négociations reprennent entre ETA et le gouvernement espagnol.

Dans un communiqué adressé le lundi 04 juin 2007 aux quotidiens Berria et Gara, l’organisation armée basque ETA a annoncé la rupture définitive du cessez-le-feu permanent en vigueur depuis le 24 mars 2006. L’ETA motive sa décision en accusant le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero "d’avoir répondu au cessez-le-feu permanent par la poursuite des détentions, des tortures et des agressions en tout genre". L'ETA rappelle également l’interdiction des candidatures de la gauche abertzale lors des élections municipales et forales du 27 mai et affirme ainsi que le Pays Basque souffre d’un "déni de démocratie" .

Le journal italien Corriere della Sera a accusé en 2004 l'ETA d'avoir envoyé des combattants en Irak par l'intermédiaire du Camp Anti Impérialiste, mais ces accusations n'ont pas été confirmées.

Un film permettant d'avoir une vision « de l'intérieur » de la relation qu'ont les Basques avec leur histoire politique est La pelote basque, la peau contre la pierre (Julio Medem, 2003). Operacion Ogro relate l'organisation et le succès de l'attentant contre l'amiral Carrero Blanco. Voir aussi le film de Miguel Courtois, El lobo, Espagne, 2006. Celui-ci raconte l'histoire d'un basque devenant agent des services secrets espagnols et s'infiltrant au cœur de l'organisation basque entre 1973 et 1975.

Source : Wikipedia.

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1 commentaire:

Garou a dit…

Faut commencer à se méfier aussi des nanas qui ont une allure de postière replette ...